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PUBMED
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allaitement : Les caractéristiques de l'emploi maternel
déterminant social structurel de l'allaitement de retour au travail après le congés maternité
Contribution à l’article : Brugaillères P, Deguen S, Lioret S, Haidar S, Delamaire C, Counil E, Vandentorren S. Maternal employment characteristics as a structural social determinant of breastfeeding after return to work in the European Region: a scoping review. Int Breastfeed J. 2024 May 28;19(1):38. doi: 10.1186/s13006-024-00643-y. PMID: 38807238; PMCID: PMC11134638.
L’Europe affiche le taux le plus bas d'allaitement exclusif à 6 mois au monde. Identifier les freins à la poursuite de l’allaitement en milieu professionnel est une priorité, particulièrement pour les femmes en situation précaire, qui cumulent davantage de difficultés. Ce travail synthétise la littérature sur les caractéristiques de l’emploi maternel susceptibles de favoriser la poursuite de l’allaitement après un retour au travail. Plus précisément, il s’agit d’études explorant le lien entre les caractéristiques de l’emploi et le statut, la durée ou l’expérience de l’allaitement en Europe. Les principaux déterminants étudiés incluent le type d’emploi (profession, statut salarié/indépendant, type de contrat, temps de travail, prestige professionnel), les conditions de travail (horaires, marge de décision, flexibilité dans l’organisation du temps de travail), et l’environnement professionnel (exposition professionnelle, politiques familiales, soutien social). Les recherches, menées en Espagne (4 études), en France (4 études), au Royaume-Uni (2 études), en Irlande (2 études) et aux Pays-Bas (1 étude), révèlent l’absence de cadre conceptuel clair sur les interactions entre travail, allaitement et inégalités sociales. Cependant, plusieurs facteurs favorables ont été identifiés : le statut d’indépendant, la flexibilité horaire, l’existence de salles d’allaitement sur le lieu de travail, le soutien des collègues, et la mise en œuvre de politiques favorables à l’allaitement.
Pour promouvoir l’allaitement en milieu professionnel, il est essentiel de renforcer les droits des travailleuses, notamment via des pauses allaitement rémunérées, des horaires flexibles et des espaces dédiés. Les politiques publiques devraient également cibler les femmes en situation précaire avec des dispositifs adaptés, tout en sensibilisant les employeurs et les collègues à l’importance de l’allaitement. Enfin, des campagnes de sensibilisation et un suivi rigoureux des mesures mises en place contribueraient à réduire les inégalités sociales et à maximiser leur impact.
sfsp 2023
sfsp 2023
le cumul des expositions environnementales
outils pour mesurer le cumul des expositions environnementales caractérisant les inégalités sosiales, territoriales & environnentales de santé
Des problèmes de santé peuvent survenir chez les résidents d’un point noir environnemental, où différentes formes de pollution de l’environnement ont pu s’accumuler. Pourtant, les outils conçus pour évaluer le cumul des expositions environnementales, ou au mieux pour identifier ces points noirs environnementaux restent peu nombreux. La complexité de la relation entre la multitude des facteurs environnementaux et la santé humaine est un problème majeur. Un autre est de savoir où et comment agir efficacement pour réduire les impacts sur la santé, ce qui exige une connaissance précise non seulement du profil et de la proportion de la population concernée, mais aussi de la façon dont sont caractérisés les cumuls des expositions environnementales.
L’objectif de cette étude est de proposer un score de cumul d’expositions environnementales et un indice de désavantage social à un niveau infra communal (IRIS) dans la région de la Nouvelle-Aquitaine. Le score environnemental se base sur des sources de données libres d’accès (proximités des voies routières et ferrées, des industries, des aéroports, des carrières et des décharges, des sols pollués ou des risques naturels) et l’indice social se base, lui, sur des données sociodémographiques de l’INSEE (âge, logement, niveau d’éducation, statut migratoire). De plus, des analyses approfondies se focalisant sur une population socialement exclue : les gens du voyage, ont été réalisées en utilisant leurs lieux de résidence.
Les analyses montrent que 4,0 % des IRIS de la région ont été classé comme points noir environnementaux. Ces zones abritaient environ 7,2 % de la population régionale, tandis que 2,4 % vivaient dans des IRIS cumulant points noirs environnementaux et désavantage social. Comparativement à la population générale, les gens du voyage étaient deux fois plus susceptibles (13,3 %) de vivre dans des points noirs environnementaux.
De tels outils pourraient aider à mieux visualiser les inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé en Nouvelle-Aquitaine à une échelle géographique fine, et son utilisation comme outil de gestion ou de priorisation serait pertinente pour les politiques publiques et la prise de décision.
SOEPIDEMIO
SOEPIDEMIO
Les enfants et la COVID-19. Fermer ou garder les écoles ouvertes ?
En raison de la propagation du COVID-19 dans le monde en mars 2020, l’OMS a qualifié cette maladie de pandémie mondiale. Les gouvernements ont alors décidé de mettre en place un confinement total afin de réduire le taux de transmission du virus et d’éviter de submerger les systèmes de santé ; engendrant la fermeture des écoles. Qu’en est-il des conséquences sur les enfants ?
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L’école est reconnue comme étant plus qu’un lieu d’apprentissage. Les quatre piliers de l’éducation proposés par l’UNESCO sont, apprendre à connaître, apprendre à faire, apprendre à vivre ensemble et apprendre à être, montrent que l’école est bien plus qu’un lieu pour recevoir des apprentissages. Lorsque les écoles sont fermées, même si l’enseignement peut être assurés par voie numérique, c’est ainsi tout un ensemble d’autres connaissances qui sont totalement ou partiellement perdues.
Les registres des maladies et pathologies en France : une veille sanitaire égalitaire ?
Les registres épidémiologiques ont été définis par l’arrêté du 6 novembre 1995, selon lequel un registre est un « recueil continu et exhaustif de données nominatives intéressant un ou plusieurs évènements de santé dans une population géographiquement définie, à des fins de surveillance, de recherche et d’évaluation en santé publique, par une équipe ayant les compétences appropriées.
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La répartition des registres comme sources d’inégalités apparaissent de différentes natures : citons, les inégalités territoriales qui renvoient à un traitement différencié des territoires en matière d’implantation des registres, les inégalités de surveillance qui se définissent quant à elles par un suivi d’intensités différentes selon les maladies et enfin, les inégalités sociales qui résultent d’un ciblage de la population par les registres.
DREETS
DREETS
La question du "défi climatique dans les politiques publiques sanitaires et sociales"
La plate-forme de l'observation sanitaire et sociale Auvergne-Rhône-Alpes , pilotée par la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes, organisait ce mardi 27 juin son 6ème séminaire régional autour de la question du défi climatique dans les politiques publiques sanitaires et sociales.
CANAL U TV
CANAL U TV
Les inégalités socio-environnementales de santé : du constat scientifique à l'action sur les territoires
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Chercheur à l'université de Bordeaux et à l'Institut national de la santé et de la Recherche médicale sur la thématique des inégalités sociales et environnementales de santé depuis le 1er avril 2022, après 20 ans passés à l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) en tant qu' enseignante-chercheur de biostatistiques et d'épidémiologie environnementale. Elle développe notamment des approches de prise en compte des inégalités sociales dans les méthodes d'évaluation quantitative d'impact sur la santé en lien avec les interventions visant à améliorer la qualité dans plusieurs territoires français. Elle s'intéresse également à la multiexposition environnementale en construisant des indicateurs géographiques d'exposition à des sources multiples de nuisances ; Ceci afin d'identifier des parties du territoire cumulant des facteurs de vulnérabilité sociale, environnementale et sanitaire dans une perspective de priorisation des interventions.
L’existence d’inégalités socio-environnementales de santé est solidement documentée ; 2 mécanismes peuvent expliquer ce phénomène : le différentiel d’exposition, s’intéressant à analyser les niveaux d’exposition et le nombre de nuisances environnementales auxquels sont soumises les populations selon leur profil socioéconomique individuel ou de résidence ; le différentiel de vulnérabilité, visant à démontrer l’existence d’une modification des effets de l’exposition à des nuisances environnementales sur la santé selon les groupes socioéconomiques dans la population ou au sein des territoires.
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Construire un environnement sain et favorable à une santé équitable pour tous reste un enjeu majeur en santé publique. Il apparait ainsi primordial de mener des interventions territoriales en faveur de la santé, comme par exemple les actions visant à améliorer la qualité de l’air, en engageant une démarche d’universalisme proportionné prenant en compte le désavantage social préexistant de certaines populations. Pourtant, l’appropriation des concepts et la prise en compte des inégalités environnementales par le décideur dans la priorisation des interventions et de leur conception s’avère complexe par manque d’indicateurs sociaux et environnementaux, et d’outils d’analyse disponibles en routine. Dans ce contexte, de nouvelles recherches s’intéressent à lier les résultats de la recherche dite « académique » aux besoins des territoires dans une perspective de santé publique.
SCIENCES AVENIR
SCIENCES AVENIR
La pollution de l’air affecte plus les enfants pauvres que les autres
Dans un rapport publié ce 14 octobre 2021, à l'occasion de la Journée nationale de la qualité de l'air, l’Unicef France et le Réseau Action Climat dénoncent les inégalités économiques entre enfants face à la pollution de l’air. Une affirmation qui s’appuie sur des études scientifiques originales.
OUEST-FRANCE
OUEST-FRANCE
Pollution de l’air : les enfants les plus pauvres sont aussi les plus vulnérables
Plus de trois enfants français sur quatre respirent un air pollué, selon un rapport du Réseau action climat et de l’Unicef publié ce jeudi 14 octobre. Les deux organismes appellent à faire de la lutte contre ces pollutions un levier d’équité sociale.
Plus de trois enfants français sur quatre respirent un air pollué. C’est l’une des alertes lancées par le Réseau action climat et l’Unicef France. Le rapport publié ce jeudi 14 octobre par les deux associations pointe le lien « entre les inégalités sociales et l’exposition des enfants à la pollution de l’air à laquelle ils sont particulièrement vulnérables », résume Valentin Desfontaines, responsable des mobilités durables à Réseau action climat.
INSERM
INSERM
Inégalités sociétales et exposome urbain : Des origines sociales pour des expositions différentes
Les études épidémiologiques sont nombreuses aujourd’hui à révéler l’association entre des facteurs d’exposition environnementale et des problèmes de santé, aigus comme chroniques, survenant à différents stades de la vie. Citons, par exemple, l’exposition à la pollution de l’air associée à de nombreuses infections respiratoires, maladies cardiovasculaires et à certaines issues défavorables de la grossesse. L’exposition aux nuisances sonores est également reconnue comme pouvant augmenter le risque de maladies cardiovasculaires et perturber la qualité du sommeil. Inversement, l’accès à certaines ressources et leur disponibilité, comme les parcs, les aires de jeux, ou les espaces verts, sont associés à un meilleur état de santé, de bien-être physique et psychique et à des comportements favorables à la santé. Dans cette Synthèse, nous nous intéresserons plus particulièrement à l’exposome dit « urbain », défini par Robinson et al. comme l’ensemble des éléments de l’environnement urbain favorables et défavorables à la santé, et ce, dès la vie in utero.
LIBÉRATION
LIBÉRATION
Tribune
Changement climatique, inégalités et Covid-19 : un triptyque indissociable
Construire un environnement sain, favorable à la santé de tous et plus précisément envers les plus vulnérables, est un enjeu majeur si l’on veut agir pour une relance plus écologique et équitable.
Tribune.
Le changement climatique entraîne de nombreux et profonds bouleversements partout dans le monde. Ces bouleversements peuvent conduire à des catastrophes sanitaires directement liées aux conditions météorologiques extrêmes, comme l'augmentation de la fréquence des sécheresses entraînant la raréfaction des ressources en eau dans certaines parties du monde et l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des canicules. La canicule de 2003 a ainsi provoqué plus de 70 000 décès en Europe dont 19 000 en France, avec une prépondérance de personnes âgées, notamment des femmes et les études menées à la suite de cet épisode ont montré que cette mortalité était fortement influencée par des facteurs sociaux, comme les conditions de logement et l'isolement (1). Le changement climatique peut également affecter notre santé de façon plus indirecte, avec l'émergence attendue de nouvelles épidémies dont la pandémie au Covid-19 qui sévit depuis plusieurs mois et qui nous interroge sur les menaces sanitaires qui pèsent sur nos sociétés.
En quoi le changement climatique favorise l’émergence des épidémies ?
L’émergence de maladies infectieuses est favorisée par le changement climatique et la destruction de la biodiversité mais également par les transformations de nos modes de vie, comme l’augmentation de la circulation des personnes et des biens et la croissance urbaine. De nombreux virus sont sensibles aux conditions d’humidité, de luminosité et température et ont ainsi souvent un caractère saisonnier ; comme la rhinopharyngite, la bronchite ou la bronchiolite, la gastroentérite ou encore la grippe. Or les climatologues observent des bouleversements dans l’organisation et la durée des saisons ; cela pourrait avoir un impact sur les périodes de survenue des épidémies ainsi que sur leur durée.
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Ainsi, en se combinant aux processus de diminution – du nombre d’espèces sauvages – de la diversité génétique (nécessaire pour limiter les propagations des pathogènes) et de la diversité biologique qui intervient dans la régulation de la transmission des pathogènes, la mutation de certaines souches de virus serait favorisée. Les transformations de nos modes de vie, comme l’urbanisation rapide et l’existence de zones urbaines à très haute densité, la mondialisation du voyage et du commerce, quant à elles favorisent la transmission entre les individus (2). Le changement climatique est, rappelons-le, une question cruciale de santé publique : en 2016, l’OMS estimait qu’à l’horizon de 2050, environ 250 000 décès annuels supplémentaires seraient causés par le changement climatique que ce soit par stress thermique, malnutrition ou maladies infectieuses.
Comment les inégalités d’expositions environnementales participent-elles aux inégalités sociales ? La pollution de l’air contribue au réchauffement climatique ; parmi les polluants les plus connus, citons ceux émis par les moteurs de voitures, principale source d’émission dans les grandes métropoles : dioxyde de carbone, plomb, particules et oxydes d’azote ou encore l’ozone. Suivant des mécanismes documentés, certains de ces polluants de l’air sont reconnus pour contribuer à l’effet de serre. Inversement, le réchauffement climatique, par un phénomène d’augmentation des températures par exemple, va avoir un effet sur les concentrations atmosphériques.
Les effets du changement climatique n’ont pas les mêmes conséquences selon les conditions de vie des individus (lieu de résidence, ressources financières et sociales). Si on prend l’exemple de la pollution atmosphérique, elle n’affecte pas tous les territoires de la même façon. Il existe une hétérogénéité géographique qui peut être visible même à une fine échelle spatiale. Ces variations géographiques vont engendrer des disparités d’exposition à la pollution atmosphérique des populations résidents dans certaines zones.
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Ce que nous observons aujourd'hui, c'est un nombre de cas de Covid-19 et une mortalité liée au Covid-19 plus élevés sur les territoires soumis à une pression environnementale plus forte. L'hypothèse d'un lien entre exposition à la pollution atmosphérique et risque Covid-19 a été analysée à partir des données européennes (3) de mortalité associée au Covid-19 – il a été montré combien l'exposition aux NO2 (dioxyde d'azote, polluant principalement lié au trafic routier) pourrait contribuer à expliquer la distribution géographique des décès. Cette étude a notamment révélé que plus de 90% des décès pour Covid survenaient dans des régions où les concentrations maximums en NO2 dépassaient les 50mmol/m2. Or ces territoires soumis à une pression environnementale forte peuvent également être ceux où se concentrent les populations ayant un état de santé plus moins bon que les territoires où la pression environnementale est moins importante.
En France, si l’on analyse de plus près la répartition des décès liés au Covid-19, la piste d’une fragilisation des individus exposés à la pollution atmosphérique semble tout à fait plausible. Le pouvoir irritant de la pollution atmosphérique sur les voies respiratoires rendrait vulnérables certains groupes de population, augmentant ainsi le risque de contracter des formes plus graves de la maladie liée au Covid-19. Ces inégalités d’exposition à la pollution atmosphérique vont, de plus, interagir avec les inégalités sociales préexistantes. Les facteurs environnementaux sont en effet considérés comme un déterminant à part entière de la santé ; la dimension environnementale est maintenant de plus en plus intégrée à l’étude des inégalités de santé qui induisent notamment des comorbidités.
Les chiffres de mortalité liée au Covid-19 publiés par l’Insee révèlent un nombre de décès plus élevé dans le département de Seine-Saint-Denis. Ce département présente des caractéristiques socioéconomiques particulièrement défavorables avec un taux de pauvreté très élevé et le cortège de prévalences de comorbidité plus élevées que dans les départements d’Ile-de-France. Même si, à ce jour, il est très compliqué d’avancer avec certitude les raisons d’un taux plus élevé de mortalité lié au Covid-19, il est important de souligner que ce département cumule depuis plusieurs formes d’inégalités dont les inégalités sociales et environnementales (incluant l’exposition à la pollution de l’air). Les concepts d’inégalités sociales et environnementales sont donc intimement couplés.
Le changement climatique impacte plus durement les populations les plus vulnérables et est un multiplicateur des inégalités sociales et environnementales préexistantes. Lutter contre le réchauffement climatique, c’est aussi lutter contre les inégalités sociales de santé qui ne font que s’accroître ces dernières années. La crise sanitaire actuelle nous rappelle combien nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie.
(1) Vandentorren S, Bretin P, Zeghnoun A, Mandereau-Bruno L, Croisier A, Cochet C, Riberon J, Siberan I, Declercq B, Ledrans M. August 2003 heat wave in France: risk factors for death of elderly people living at home. Eur J Public Health. 2006 Dec;16(6):583-91.
(2) Bedford J, Farrar J, Ihekweazu C, Kang G, Koopmans M, Nkengasong J. A new twenty-first century science for effective epidemic response. Nature. 2019;575(7781):130–6.
(3) Ogen Y. Assessing nitrogen dioxide (NO2) levels as a contributing factor to coronavirus (COVID-19) fatality. Science Total Env. 2020, 726.
Construire un environnement sain, favorable à la santé pour tous et notamment envers les plus vulnérables, est une question cruciale si l’on souhaite agir pour une relance plus écologique et équitable.